dim. Jan 16th, 2022

RDC-AN : La plaidoirie de Olivier Rolland Tshimanga en faveur de l’élection d’Ève Bazaiba à la présidence de l’Assemblée Nationale

Le 10 décembre 2020 est une date qui restera gravée dans les annales de la chambre basse du Parlement car, c’est en cette date historique que la page Mabunda et tous les membres de son bureau a été définitivement tournée suite à la pétition de déchéance initiée contre elle et sa suite, par le député national Paulin Maembo.

Jeanine Mabunda qui avait suscité beaucoup d’espoir dans l’opinion publique lorsqu’elle a été plébiscitée au sein de sa famille politique pour occuper la présidence de l’Assemblée Nationale, s’est vue être déchue le 10 décembre dernier, au sein d’une Assemblée dont la majorité parlementaire était jusque-là détenue par son FCC.

Mabunda a quitté le perchoir de la chambre basse du Parlement avec 281 voix contre sa présence sur 484 députés présents dans la salle, c’est-à-dire, les députés nationaux de toutes tendances confondues ont contribué à la destitution de celle qui a été surnommée : La fille aînée de l’alternance. Pourtant, sa famille politique était présente dans la salle des congrès de l’Assemblée Nationale pour essayer de renverser la tendance et maintenir la leur à la tête de la deuxième institution du pays. Mais cela n’a pas été possible vu la détermination des députés nationaux qui ne juraient que par l’éviction de Mabunda et toute sa suite.

Après cette éviction orageuse, une question légitime s’invite au débat, à savoir : Quelle personnalité parlementaire (Député, e) pourrait, ou a le profil d’occuper à nouveau la présidence de la chambre basse du Parlement ?

C’est à cette préoccupation soulevée que ma plaidoirie trouve sa raison d’être !

Ainsi, certains acquis de l’alternance pacifique étant à préserver coûte que coûte, je plaide en faveur d’un changement poste pour poste. C’est-à-dire, une femme en remplacement d’une autre femme à la présidence de l’Assemblée Nationale. Ceci pourrait également s’inscrire dans la pratique de la continuité de l’État et attachement aux valeurs démocratiques.

À ce niveau aussi, une autre question s’invite au débat, à savoir : Quelle est la femme idéale (Députée) qui sera à mesure d’assumer ses responsabilités à la présidence de l’Assemblée Nationale après la destitution de Mabunda ?

Sans tergiverser, je tourne mes pensées vis-à-vis de la personne de l’honorable députée nationale, Ève Bazaiba Masudi. Cette figure féminine emblématique qui a connue des moments forts et faibles de l’opposition congolaise, celle qui a fait la différence face à certains politiques congolais qui s’étaient illustrer dans la transhumance à des fins mesquins. Pourtant c’est pendant cette période chaotique là, de 2016 à 2018, caractérisée par une série des traversées des acteurs politiques de leurs camps politiques respectifs pour rejoindre la majorité présidentielle de l’époque, que la Dame de Fer avait décidé de rester fidèle à ses engagements de servir le pays et le peuple congolais à partir de l’opposition et faire preuve de la constance apprise aux côtés de ses maîtres en politique, à savoir : Étienne Tshisekedi Wa MULUMBA et Jean Pierre Bemba, respectivement Présidents fondateurs de l’UDPS et du MLC.

La méritocratie, compétence ainsi que la fidélité étant les critères de choix, l’honorable Bazaiba répond bel et bien à tous ces critères et fait l’unanimité pour diriger la chambre législative de la République Démocratique du Congo.

Au delà de sa carrure politique, Ève Bazaiba a la maitrise de la pratique parlementaire. Sa proposition de loi portant protection des personnes vivant avec handicap (PVH) est un bijoux en faveur de cette catégorie des personnes. Une production parlementaire qui s’inscrit dans le cadre de son attachement aux intérêts de la population congolaise dans toute sa diversité.

Cette façon de faire de l’honorable Bazaiba et sa philosophie politique répondent favorablement à la vision de l’Union Sacrée de la Nation et pourrait faciliter le décollage illico presto de la RDC sur toutes les lignes.

C’est ici l’occasion pour moi de lancer un vibrant appel au Chef de l’État Félix Antoine Tshisekedi, au Sénateur Jean Pierre Bemba ainsi qu’à tous les députés nationaux, sans aucune distinction de tendance, d’user de leurs prérogatives tant constitutionnelles que leaderships en vue de faciliter l’élection de cette femme des valeurs à la tête de la chambre basse du Parlement.

POUR QUE PERSONNE N’EN PRÉTEXTE IGNORANCE, VOICI SON PARCOURS ÉLOGIEUX

Née le 12 août 1965 à Kisangani dans la province Orientale, Ève Bazaiba est une femme politique de la République Démocratique du Congo, élue Députée Nationale de la circonscription électorale de Basoko (province Orientale) en novembre 2011 pour sa première législature et en décembre 2018 pour sa deuxième législature. Diplômée en latin philosophie au lycée Bosangani de Kinshasa, Graduée en sciences sociales, politiques et administratives de la faculté des Relations Internationales de l’Université Chrétienne Cardinal Malula (UCCM) et Licenciée en droit de la faculté de droit public international de l’Université Protestante du Congo (UPC).

Ève Bazaiba doit ses premières apparitions sur la scène politique congolaise à l’UDPS.

En effet, en 1988, Bazaiba devient militante de l’UDPS. Elle a été arrêtée plusieurs fois sous le régime de Mobutu Sese Seko.

En 2002, elle a participé aux pourparlers de Sun City qui ont mis en place le gouvernement de transition qui a conduit aux élections de 2006 et à la troisième République.

De 2004 à 2007, elle est nommée Secrétaire Générale pour l’Afrique au comité international pour l’observation et l’application de la charte africaine sur les droits des hommes et des peuples. L’un de ses objectifs est de faire reconnaître les violences sexuelles sur les femmes lors de conflits armés comme des crimes contre l’humanité.

Durant les élections de 2006, elle est une des porte-paroles de l’Union pour la Nation du candidat Jean-Pierre Bemba.

En 2007, elle est élue au sénat en tant que membre du MLC par l’Assemblée Provinciale de Kinshasa.

En 2011, elle est élue députée nationale et en 2012, elle devient Présidente de la commission socioculturelle de l’Assemblée Nationale avant d’être réélue députée nationale en 2018 pour la deuxième fois consécutive.

Elle est Secrétaire Générale du Mouvement de libération du Congo (MLC) depuis décembre 2014 jusqu’à ce jour et est actuellement députée nationale et dirige l’une des commissions permanentes de la chambre basse du Parlement.

Elle est également Présidente de la Ligue des Femmes Congolaises pour les Élections (LIFCE). Progressiste, elle milite pour l’intégration du genre et plus de femmes dans le gouvernement congolais, et pour un équilibrage des droits entre les hommes et les femmes dans la société congolaise.

Vu son cursus politique et parlementaire, sa crédibilité, sa loyauté et sa constance, Ève Bazaiba regorge le profil idéal pour remplacer une autre femme à la tête de l’organe délibérant. L’unanimité tant parlementaire que nationale se dégage autour d’elle. C’est ainsi que je plaide une fois de plus pour qu’elle soit portée candidate à la Présidence de l’Assemblée Nationale en remplacement de Jeanine MABUNDA LIOKO.

Chers honorables députés nationaux, voici une autre occasion en or qui se présente pour faire preuve de maturité politique et cela fera de vous, les Grands Hommes d’État.

Loin de ses interventions et réactions politiques qui du reste, ont contribué à la construction de la démocratie et la liberté d’expression, le Président Tshisekedi peut compter sur la franche collaboration de l’honorable Eve BAZAIBA MASUDI.

Olivier Rolland Tshimanga

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